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Combien de français ont-ils froid chez eux ?

Julien Denormandie affirme qu’un Français sur cinq aurait froid à son domicile, soit 12 millions de personnes.

Chloé Triomphe remplace Géraldine Woessner ce lundi 6 novembre 2017.

Le Vrai faux avec l’arrivée du froid qui ne concerne pas que les populations dans la rue.

Après la présentation du plan hivernal mis en place depuis le 1er novembre pour l’hébergement d’urgence, le secrétaire d’État à la Cohésion des territoire, Julien Denormandie, a évoqué ce dimanche (sur BFMTV) la situation énergétique alarmante des logements en France.

Un Français sur cinq aurait donc froid chez lui soit plus de 12 millions de personnes. C’est vrai ou c’est faux ?

Non seulement c’est vrai mais formulé comme cela, c’est même en deçà de la réalité. Car quand on dit « avoir froid » chez soi, cela ne signifie pas une vague sensation d’inconfort qui concerne selon une étude de 2016 un Français sur deux, mais bien un réelle difficulté à vivre dans des conditions décentes.

Cela désigne une notion qui s’appelle « la précarité énergétique », un concept inventé dans les années 90 par les Anglo Saxons et repris en France dans la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 et définie ainsi : « Est en situation de précarité énergétique (…) une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat ».

Depuis 2012, un observatoire national de la précarité énergétique a même vu le jour et voici quelques-uns de ces constats :

– la situation ne cesse de se dégrader puisque ce chiffre déjà très élevé est en hausse importante depuis l’étude précédente de 2006

– les plus touchés sont les locataires, quatre personnes sur cinq avec une surreprésentation des personnes seules ou des familles monoparentales

– les logements concernés sont davantage des logements anciens, petits et en zone urbaine

Si l’origine de cette situation est évidemment économique, comment les personnes concernées s’adaptent elles ?

C’est à la fois banal et surprenant car selon un sondage Opinionway de 2016, la réaction des personnes touchées par le froid chez elles est d’abord pour 44% d’entre elles celle de baisser le chauffage quand le logement est vide par exemple dans la journée. 64% des personnes avouent aussi s’habiller plus chaudement à la maison.

Mais ce qui est étonnant, c’est le faible nombre de personnes qui font le choix d’améliorer l’isolation de leur habitat : 11% seulement. Par manque de moyens mais pas uniquement, car plus d’une personne sur deux avoue ne pas être suffisamment informé des diverses aides, crédits d’impôts, subventions ou prêts à taux zéro mis en place par l’état.

Or cette réalité a des conséquences graves pour la santé avec environ 4.000 intoxications au monoxyde carbone chaque année en France avec des chauffages d’appoint mais aussi des conséquences à long terme, des problèmes respiratoires, articulaires ou encore des syndromes dépressifs.

Au Royaume Uni, une étude a même démontré que la précarité énergétique augmentait très significativement les comportements à risque comme l’alcoolisme ou la délinquance et qu’investir une livre dans la rénovation des bâtiments faisait à terme économiser 42 pence à la sécurité sociale.

Auteur
Europe 1
Date
06/11/2017
Durée
00:02:34
Droits d'auteurs