Le département de Gironde a mené de mai 2017 à mai 2018, avec l’ensemble de ses partenaires acteurs de la lutte contre la précarité énergétique (État, Agence Régionale de la Santé, Fonds Solidarité Logement, bailleurs publics, associations, …), une démarche de design de politique publique : “Repérer les publics en précarité énergétique et les connecter aux dispositifs d’aides”.

Les objectifs : questionner ce phénomène complexe aux multiples acteurs et dispositifs et concevoir une solution opérationnelle originale et complémentaire aux dispositifs existants.

La philosophie du design de service public est de produire des prototypes de solutions à petite échelle sur la base d’observations fines des pratiques des habitants. Ces solutions ont vocation à se saisir des aspects organisationnels, techniques et sociaux relatifs à un service public avec l’ambition d’améliorer le service rendu.

L’expérimentation s’est ici déroulée en 3 grandes étapes :

  • Immersion via une enquête de terrain sur les pratiques des professionnels (Comment diffuser des informations efficaces ? Comment améliorer la visibilité des acteurs ressources ? Comment repérer les publics vulnérables ? Etc.) mais également sur les pratiques et les parcours des ménages, sur des territoires identifiés comme particulièrement touchés par la précarité énergétique (Qui sont les gens qui ne bénéficient pas des aides alors qu’ils y ont droit ? À quoi ressemble le radar de la précarité énergétique en Gironde aujourd’hui ? Etc.).
  • Ateliers de créativité avec les usagers et les partenaires : regroupant des participants aux profils variés et complémentaires, ces ateliers permettent de mobiliser les données récoltées (enseignements de l’enquête, reconstitution de parcours usagers inspirés des entretiens habitants, etc.), de mieux comprendre les usages de chacun et de concevoir des solutions aux problématiques identifiées (détection des publics, coordination des acteurs institutionnels, communication, relation aux propriétaires bailleurs, etc.).

    Ces ateliers ont permis de faire émerger 4 projets scénarisés et « maquettés » afin de mieux saisir leurs modes de fonctionnement, les interactions entre acteurs et les solutions qu’ils apportent.
  • Expérimentation de l’un des 4 projets : le capteur Bon’air. Ce capteur “low-tech” en papier permet de détecter un taux d’humidité supérieur à 65 %, une fois installé, il change de couleur si l’humidité de la pièce est supérieure à la valeur seuil et affiche le numéro de contact du SLIME du département. 250 capteurs ont été distribués pendant 3 mois sur un marché, dans des grandes surfaces de bricolage, dans un bureau de poste et via des structures-relais partenaires (travailleurs sociaux du Département, association d’aides à domicile…).

Les résultats de ce premier test ont montré que le capteur a été bien accueilli tant par les habitants que par les acteurs de la précarité énergétique participant au test, même si sa distribution large impliquait de toucher un public varié et pas seulement le public cible. Il constitue également un outil de médiation pour les travailleurs sociaux qui souhaitent aborder le sujet de la précarité énergétique avec leur public et leur permet de mieux cerner le phénomène et les possibilités d’aide offertes par le service public.

Enfin, au-delà de l’outil en lui-même, c’est la mobilisation des acteurs qui s’est construite au fil de la démarche de design. L’interconnaissance des parties-prenantes, de leurs modes de fonctionnement, de leur culture respective s’est révélée être l’objet même de l’amélioration du système global d’accompagnement des habitants en situation de précarité énergétique.

Le département de Gironde travaille actuellement sur de nouveaux scénarios de tests, à savoir l’utilisation du Capteur Bon’air comme outil de médiation à disposition des travailleurs sociaux, des élus de petites communes rurales ou encore des aides à domicile.

Consulter l’ensemble des résultats de la démarche sur le site du département de Gironde.