
En ce début d’année 2026, la Fondation pour le logement des défavorisés dresse un nouvel état des lieux du mal-logement en France. La fondation alerte sur la dégradation inquiétante des indicateurs du mal-logement.
Les chiffres du mal-logement
La fondation évalue à 4,2 millions le nombre de personnes en situation de mal-logement (personnes privées de logement ou vivant dans des conditions de logement très difficiles). Outre ces situations les plus graves, 12,3 millions de personnes seraient fragilisées par rapport au logement : copropriétés en difficultés, impayés de loyers ou charges, surpeuplement modéré, froid pour des raisons liées à la précarité énergétique, situation d’effort financier excessif, inadaptation du logement au handicap…
La pauvreté continue de progresser
L’Insee estime que 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2023, soit 15,4 % de la population, un chiffre en hausse continue depuis la crise sanitaire. Cela représente environ 650 000 personnes de plus qu’en 2022.

Les chômeurs (36 % d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté en 2023) et les travailleurs indépendants (19 %) sont particulièrement touchés par l’augmentation de la pauvreté en raison de l’application de la réforme de l’assurance chômage. Les familles monoparentales sont également fortement touchées, puisque près d’une sur trois vit sous le seuil de pauvreté, ce qui entraine une hausse de la pauvreté chez les enfants (22 %).
L’hébergement chez un tiers : une facette du mal-logement
Parmi le million de personnes privées de logement personnel, un tiers sont des personnes sans domicile et les deux tiers sont hébergés chez des proches de manière contrainte. Selon les données issues de l’enquête nationale Logement (ENL 2013), plus de 643 000 personnes vivraient en hébergement contraint chez un tiers, faute de ressources ou de logement autonome.
De grandes difficultés d’accès au logement social
Le nombre de ménages en demande de logement social est en progression constante ces dernières années pour atteindre plus de 2,7 millions de ménages en 2024 (1 million de plus en 10 ans). D’après le SNE, 383 285 ménages auraient vu leur demande aboutir en 2024, soit moins d’un sixième des demandeurs (14 %). 25 % de ces demandes ont été formulées il y a deux ans ou plus. Au 31 décembre 2024, l’ancienneté moyenne des demandes en cours était de 25 mois (contre 20 mois fin 2016), avec des disparités importantes selon les territoires.

Restrictions, impayés d’énergie/loyers et expulsions
En 2025, 74% des ménages ont restreint le chauffage afin de maîtriser leurs factures (+ 22 points par rapport à 2020) et 35 % des ménages déclarent avoir souffert du froid dans leur logement (contre 30 % en 2024).
Les interventions des fournisseurs d’énergie (coupures et réductions de puissance) en raison d’impayés d’énergie ont connu une quatrième année consécutive de hausse : +24 % du nombre d’interventions pour impayés en un an (1,2 million contre 1 000 809 en 2023).

Les causes d’impayés de loyer évoquées par les ménages faisant appel à la plateforme « Allô prévention expulsion » de la Fondation pour le Logement en 2024 sont liées essentiellement à des accidents de la vie : perte ou changement d’emploi (37 %), problème de santé (34 %), évolution de la situation familiale (17 %), conflit avec le bailleur (14 %), surendettement (14 %), charge ponctuelle imprévue (7 %), augmentation du loyer ou des charges (3 %).
Un autre triste record a été atteint en 2024 : 24 556 ménages ont été expulsés de leur logement par les forces de l’ordre (soit une multiplication par 4 depuis 2001), sans compter ceux partis d’eux-mêmes pour éviter une expulsion par la police.

Pour consulter le rapport :
Pour en savoir plus :
- « 31e rapport sur l’état du mal-logement en France 2026 », Fondation Abbé Pierre, 29/01/2026
- Replay « Présentation du rapport sur l’état du mal-logement en France 2026 », Fondation Abbé Pierre, 03/02/2026

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