Freins et motivations des propriétaires-bailleurs pour les travaux

Publié le 26 juin 2020
Source : Maxime Chodorge, Erwan Lefay, Mélanie Sène, Juin 2020


Premiers résultats de l’enquête 2019-2020 du réseau ANIL-ADIL

Le rapport intitulé « Louer en confiance »paru en juin 2019 déplore une méconnaissance de ce qui caractérise et motive les bailleurs privés. Partageant ce constat, le réseau ANIL /ADIL a engagé, courant 2019, une démarche destinée à mieux connaitre le comportement des bailleurs privés et, plus particulièrement, les différentes raisons qui les encouragent ou les empêchent, d’entreprendre la rénovation de leurs logements mis en location.

Cette publication délivre les premiers résultats d’une enquête diffusée principalement auprès de propriétaires consultant une ADIL, son site internet ou celui de l’ANIL. Réalisée de fin janvier à mi-mai 2020, 1 755 bailleurs ont participé à l’enquête. Cette première exploitation donne des résultats bruts, une seconde phase de l’étude sera réalisée par la suite pour proposer de catégoriser les bailleurs de manière représentative.

On peut d’ores et déjà retenir de cette première phase d’étude les enseignements suivants :

  1. Concernant les travaux réalisés :
  • Moins de propriétaires bailleurs ont réalisé les travaux pouvant s’avérer les plus complexes, si ce n’est pour les travaux de mise aux normes, qui relèvent d’obligations réglementaires notamment quant à la fourniture d’un logement décent ;
  • Si 44% des propriétaires s’appuient sur un artisan de confiance pour définir les travaux à effectuer, seulement 8% d’entre-eux consultent un expert (architecte, assistant à maitrise d’ouvrage, Espace FAIRE…). On note d’autre part que 14% des bailleurs déterminent le choix des travaux en réponse aux demandes des locataires ;
  • La majorité des bailleurs (42%) entreprennent les travaux lors d’un changement de locataire ou avant la première mise en location (32%) ;
  • Pour mettre en oeuvre les travaux, près de la moitié des bailleurs ont recours aux professionnels et/ou réalisent une partie des travaux eux-mêmes. Ils sont peu enclins à donner la possibilité au locataire d’auto-réaliser les travaux dans le logement

2. Concernant les motivations et les freins à la réalisation de travaux :

  • La moitié des enquêtés mettent en avant l’amélioration du confort dans le logement (46%) et la sécurisation du revenu locatif (42%) comme motivation principale dans la réalisation des travaux. Le respect des normes et des réglementations est également un effet levier important pour 30% d’entre-eux ;
  • Sans surprise, les préoccupations pécuniaires (financement des travaux) sont les principaux freins à la rénovation, à quoi s’ajoute l’inquiétude liée au retour sur investissement. La présence du locataire dans le logement, ou la difficulté dans la recherche d’artisans constituent également des freins exprimés.

3. Concernant le financement des travaux :

  • L’épargne constitue la principale source de financement des travaux réalisés par les bailleurs (62%) et/ou dans une moindre mesure par l’emprunt (23%). Si seulement 6% ont fait appel à des subventions, celles-ci ont été déterminantes dans la mise en oeuvre des travaux (83%) ;
  • Seulement un tiers des bailleurs connaissent les aides financières aux travaux et 36% n’en connaissent aucune.

Freins et motivations des propriétaires-bailleurs pour les travaux

Maxime Chodorge, Erwan Lefay, Mélanie Sène, ANIL, Juin 2020