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Qui sont les ménages en précarité énergétique dans les appartements du parc privé ? – Étude thématique ONPE

Publié le 6 novembre 2019
Source : ONPE, Novembre 2019


L’étude «Qui sont les ménages en précarité énergétique dans les appartements du parc privé ? » s’intègre dans une série de 4 études thématiques[1], dont l’objectif est de mieux caractériser les ménages en situation de précarité énergétique, du point de vue socio-économique, et en lien avec le logement qu’ils habitent.

La présente étude concerne les 7,2 millions d’appartements du parc privé métropolitain (soit 28% des logements français) parmi lesquels 3,3 millions sont occupés par des propriétaires occupants, et 3,9 millions des locataires.

Elle met en lumière que 26% des ménages en appartements dans le parc privé sont en situation de précarité énergétique, ce qui  représente 1,3 millions de ménages. Des disparités existent toutefois selon le statut d’occupation de ces ménages : 1 locataire d’appartement sur 4 est en situation de précarité énergétique, alors que ça n’est le cas que d’un ménage sur 10 chez les propriétaires occupants d’appartement.

L’étude dresse alors le profil des ménages précaires énergétiques vivant en appartement du parc privé, en comparaison de l’ensemble des ménages vivant en appartement sur le parc privé :

Caractéristiques socio-économiques des ménages 

  • Des revenus faibles : en moyenne 2 à 3 fois plus faibles par rapport à l’ensemble des ménages habitant les appartements du parc privé. Les revenus (par unité de consommation) des ménages en précarité énergétique dans les appartements du parc privé sont compris en moyenne entre 7 980 €/an et 11 605 €/an (selon l’indicateur retenu), soit 2 à 3 fois moins que la moyenne nationale.
  • L’absence d’emploi : les ménages dont la personne de référence est au chômage ou avec une activité « autre » (invalidité, handicap, femme ou homme foyer…) sont plus représentés.
  • Des dépenses énergétiques plus élevées en moyenne que celles observées pour l’ensemble des appartements du parc privé (21 à 26 €/m² selon l’indicateur retenu, contre 19 €/m² pour l’ensemble des ménages des appartements du parc privés).

Caractéristiques des logements

  • Une localisation dans les zones « Nord-Est » et « littoral méditerranéen » et dans les franges urbaines de moins de 200 000 habitants.
  • Un faible nombre de logements dans l’immeuble : alors que 48% des ménages en appartement du parc privé résident dans un immeuble de moins de 10 logements, les ménages en précarité énergétique sont plus de 60% à habiter dans un immeuble de ce format.
  • Des logements très anciens : les ménages des appartements du parc privé et en précarité énergétique résident majoritairement dans le parc construit avant 1948 (36% à 40%, selon l’indicateur retenu, contre 28% pour les appartements du parc privé) et entre 1949 et 1975, c’est-à-dire avant la première réglementation thermique.
  • Des logements plus dégradés : 11% à 23% (selon l’indicateur retenu) des ménages en précarité énergétique dans les appartements du parc privé déclarent résider dans un logement dont l’état est médiocre à mauvais, contre 6% pour l’ensemble des ménages habitant dans les appartements du parc privé. Les anomalies dans le logement (signes d’humidité sur les murs, fenêtres laissant anormalement passer l’air) sont deux fois plus fréquentes chez les ménages précaires énergétiques déclarant souffrir du froid et la part de logements signalés hors norme, insalubres ou dangereux va de 27 à 52% chez les ménages précaires énergétiques dans les appartements du parc privé, contre un peu plus de 20% dans l’ensemble des appartements du parc privé (comme dans le parc français).
  • Des modes de chauffage hétérogènes : les ménages précaires énergétiques dans les appartements du parc privé sont plus nombreux à être chauffés collectivement (37% contre 33% dans les appartements du parc privé) et individuellement (33% contre 28% chez les ménages des appartements du parc privé), au détriment du chauffage électrique (24% contre 34% chez les ménages des appartements du parc privé). A noter une grande surreprésentation de l’électricité observée chez les ménages des appartements du parc privé en précarité énergétique déclarant souffrir du froid dans leur logement.  (48%, contre 40% chez les ménages des appartements du parc privé).

Caractéristiques des ménages dans leur logement

  • Une occupation du logement par les ménages en précarité énergétique plus importante en comparaison aux ménages dans les appartements du parc privé (47% à 51% des ménages précaires énergétiques n’occupent pas leur logement pendant moins de 3h par jour, contre 37% des ménages habitant un appartement du parc privé).
  • Le froid : 14% à 56% (selon l’indicateur retenu) des ménages en précarité énergétique dans les appartements du parc privé indiquent que la sensation de froid dans leur logement est liée à une mauvaise isolation, contre 10% dans l’ensemble des appartements du parc privé. Les autres motifs de froid mis en évidence sont une installation de chauffage insuffisante (9 à 42% contre 5% dans l’ensemble des appartements du parc privé) et la limitation du chauffage en raison de son coût (8 à 31% contre 4% dans l’ensemble des appartements du parc privé).
  • Des difficultés à régler les charges : 19 à 33% (selon l’indicateur retenu) des ménages en précarité énergétique déclarent avoir eu des difficultés à payer le loyer ou les charges au cours des 24 mois précédant l’enquête (contre 9% chez les ménages habitant un appartement du parc privé). La proportion de ménages en situation d’impayés ou de charges est 2 à 3 fois plus importantes chez les ménages précaires énergétiques que dans les appartements du parc privé.

Rapport

Synthèse

Qui sont les ménages en précarité énergétique dans les appartements du parc privé ? – Étude thématique ONPE

[1] Les 3 autres études concernent : Les locataires du parc social en métropole, Les locataires du parc privé en métropole, Les locataires et propriétaires des appartements en immeubles collectifs en métropole.